La SDIG (rg)

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La SDIG (rg)

Message par geoff78 le 12/2/2011, 14:47

La SDIG




Suite à une information inexacte, cet article avait été initialement intitulé « à quoi sert la DCRI ? ». Mais d’après la mise au point du 17 mars émanant de la police que nous reprenons plus bas, l’article ci-dessous met en scène des fonctionnaires du SDIG (et vous trouverez des précisions sur la DCRI sur cette autre page).

Parmi les attributions du Service départemental d’information générale (SDIG), issu avec la DCRI de la fusion de la DST et des RG [1], figure la surveillance de la jeunesse. Rappelez-vous l’histoire de Simon, 19 ans, président d’un syndicat de lycéens. Il a raconté sa convocation au commissariat de Lens, le 26 novembre 2008 : « J’ai été reçu par un fonctionnaire qui s’est présenté comme le responsable des renseignements généraux pour les collèges et lycées du bassin minier [...] L’entretien était très calme, il était très poli, mais il m’a demandé de faire attention parce que le fait d’aller trop loin dans le syndicalisme pourrait me fermer des portes pour les concours de la fonction publique. »

Source : http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3185




La réforme du renseignement pdf
: http://www.isere.pref.gouv.fr/sections/documents/dossiers_de_presse/creation_du_sdig8099_1/downloadFile/file/La%20r%C3%A9forme%20du%20renseignement.pdf?nocache=1222870425.05




L'INFORMATION GENERALE

LE TRAVAIL DE SES PROFESSIONNELS EST SALUE

APRES 10 MOIS DE MISE EN OEUVRE



Ses détracteurs de la première heure, d'ici ou d'ailleurs, s'en étonneront peut être : après l'enterrement des Renseignements Généraux, dix mois ont passé et l'information générale, née de la réforme des services de renseignement est, elle bien active!

Ces professionnels du renseignement en « milieu ouvert » que Madame le Ministre de l'Intérieur consacrait par un arrêté ministériel du 27 juin 2008, ne le doivent qu'à eux-mêmes, à l'engagement de chacun pour la matière et à leur savoir faire.

En plus des missions attribuées : suivi et analyse des phénomènes sociaux et sociétaux, déplacements et protections de personnalités, violences urbaines et toutes les matières aux frontières du Renseignement Intérieur, sectes « non » ingérentes, écologistes « non » radicaux, islam dit « de France » ou « traditionnel », l'attribution en nombre bien supérieur à celui du passé d' enquêtes administratives et les enquêtes de naturalisation ont été ajoutés à leurs carnets !





******

Lundi 6 avril, le SNOP, représenté par ses délégués en charge de l'Information Générale, Christophe DUMONT (SNOP IDF), Olivier DURANT et Florence FURNARI (SDIG-services centraux) s'est entretenu avec Monsieur Serge GUILLEN, Sous Directeur de l'Information Générale à la DCSP.

Au-delà du texte ministériel précité et de l'instruction fixant l'organisation des services de la Direction Centrale de la Sécurité Publique, du 8 septembre 2008, la délégation a insisté sur l'absence de lisibilité des matières dans leurs attributions spécifiques. Il s'agit notamment des missions qui se trouvent aux confins de celles du Renseignement Intérieur et de la Sécurité Publique, et en particulier, des relations avec leurs contacts à entretenir ou non. Les personnels nous disent rencontrer des difficultés dans la délimitation des attributions des différentes directions avec les risques que cela comporte, y compris celui de ne plus avoir d'infos du tout, à cause de la méfiance des « doublons » qui « font peur » aux dits contacts...

A ce propos, M. GUILLEN rappelle avoir évoqué les matières et leurs descriptifs attribués à l'Information Générale au moment de sa mise en place.

Même si l'on déplore l'absence de cahier des charges précis aujourd'hui, les difficultés dans la nature et la délimitation continueront malgré tout à être portés à sa connaissance pour protéger nos collègues dans l'exercice de leur métier.

Avec quels effectifs ?

Les mêmes qu'avant et même un peu moins si l'on prend en compte des départs pour l'heure non compensés. Il manquerait au bas mot 150 agents du corps d'encadrement et d'application sur l'ensemble du territoire national. Aujourd'hui, l'évaluation est à 1/3 des effectifs d'avant (RGx) pour un maintien des missions. Mais en réalité, le volume des attributions s'accroît de semaine en semaine. A titre d'exemple, la mise en place d'entités chargées du suivi des « bandes » dans le cadre des violences urbaines, se fait pour l'heure au moyen des effectifs existants.

des missions spécifiques incontournables et un travail reconnu...

Force est de constater que le Directeur Central de la Sécurité Publique avait misé juste au moment de la réforme des services de renseignement en évoquant la valeur ajoutée du travail des IG au sein de la Sécurité Publique.

En effet, tous les jours le démontrent, devant l'inadéquation de plus en plus forte entre le volume des tâches et les moyens, le professionnalisme des personnels des SDIG est salué, comme en atteste, entre autre illustration, l'actualité récente, avec le sommet de l'Otan à Strasbourg. Pour cet événement, le travail des SDIG, tant dans son aspect prévisionnel qu'opérationnel, a permis une couverture très efficace de l'événement. L'objectif de crédibilité est atteint à travers ces résultats, celui de l'identité des services reste à affirmer vis-à-vis de la direction d'emploi et face aux nombreuses réactions des élus locaux qui demandent des explications sur le fonctionnement des services de polices.

La gestion des personnels : la méthode utilisée l'année passée perdurera.

*
- avec des demandes d'avancement spécifiques à l'IG au sein des DDSP .
*
- Sur les rumeurs selon lesquelles, à partir du 1er juillet, les collègues de l'IG, nouvellement affectés n'auraient plus d'arrêté d'affectation spécifique «IG», Serge GUILLEN nous dit ne pas être au courant et veillera à ce que cette information demeure sans suite.
*
- concernant les commandants à l'emploi fonctionnel, à ceux qui voyaient déjà «le grand Paris» bâti, le sous directeur de l'Information générale répond que la volonté de la DCSP n'est pas d'abandonner les services et leurs personnels et que la prochaine gestion des commandants à l'emploi fonctionnel se ferait sur les structures existantes. En outre, il souhaite à terme confier les postes «S2» attribués aux commissaires de police et amenés à disparaître, aux commandants et commandants fonctionnels, tout comme les postes d'arrondissement.

Des bases de données, comme outils confiés à l'information générale

M. GUILLEN est interrogé sur les moyens dont dispose l'Information Générale pour répondre, tout simplement, aux « commandes » par la recherche de données « fiables » et aux relations avec la Gendarmerie Nationale sur des missions de renseignement.

Et là, de bases de données, il n'y en a plus !

Pendant qu'il était question de polémique politique largement relayée par les medias au sujet d'EDVIGE, base qui pourtant avait le mérite de rendre transparent l'existence de données « RG » , on suggérait aux collègues de faire avec les moyens du bord, son successeur, EDVIRSP, ayant trépassé à son tour.

...et pourtant, sans polémique, s'est on posé la question de savoir avec quels fichiers nos partenaires institutionnels, militaires de « l'intérieur », travaillaient sur l'ensemble du territoire national ? Ces derniers, n'hésitant pas un instant, aux dires de certains de nos collègues, partout dans le pays, à se présenter aux contacts habituels (organisations syndicales, partenaires et société civile en général) sous l'appellation pour le moins évocatrice de « Renseignement Gendarmerie » ! Selon ces mêmes collègues, les relations avec les gendarmes, quand elles ne sont pas mauvaises, sont inexistantes sur la matière.

M. Serge GUILLEN prend acte de ces témoignages et nous dit avoir connaissance de ces difficultés.

*****

En marge de cet entretien, nos collègues de l'IG des trois départements de la petite couronne (Hauts de seine, Seine Saint Denis et Val de Marne) nous disent très majoritairement rassurés de voir leur travail rejoindre la cohésion du Grand Paris avec le rattachement opérationnel à la Préfecture de Police sous la coordination de la DRPP.

A cela, M.GUILLEN nous dit ne pas avoir soulevé d'objection au moment du projet et souligne la parfaite coordination qui jusqu'ici a présidé aux relations entre les services IG de la petite couronne et la préfecture de police, en ne doutant pas que cette excellente entente perdurera.

Et l'avenir ?

M.GUILLEN nous répond :

Par ses missions incontournables et le savoir faire des personnels, qui ne se démontre plus, l'information générale n'a aucune raison d'être remise en cause dans ses attributions et son organisation.

Ajoutons que cette pérennisation ne se fera qu'à condition que ces missions ne manquent pas de clarté et de moyens tant en effectifs qu'en logistique.

Cet entretien a été cordial et constructif.

Source : http://www.snop.info/index.php?option=com_content&view=article&id=917:sdig-10-mois-de-mise-en-oeuvre&catid=1:news&Itemid=100009




Au revoir RG, bonjour SDIG


Elle avait été annoncée en juin 2007. La réforme des services de renseignements de la police nationale a pris effet le 1er juillet dernier. Présentation des effets de cette restructuration pour le département.
Elle est née, la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), ce grand service de renseignement intérieur unique qui marque la disparition de deux institutions historiques de la police, la direction de la surveillance du territoire (DST) et les renseignements généraux (RG). Dans le Haut-Rhin, cette réforme n'aura pas de conséquences sur les fonctionnaires de la DST. Le bureau mulhousien, installé Tour de l'Europe, a fermé au début des années 2000. Les policiers des renseignements généraux, ...

Source : http://www.dna.fr/articles/200807/05/au-revoir-rg-bonjour-sdig,colmar,000002619.php


Retraites : Sarkozy veut nettoyer au Karchër les contestataires


Il a envoyé son super-flic, son clone imparfait, Brice Hortefeux, répliquer à la contestation toujours énergique à sa réforme des retraites. La réponse est claire. A la demande d'un débat, Sarkozy préfère la force et la fermeté. Qu'importe s'il est le premier responsable de la situation, lui qui voulut passer en force, mais en traînant. Qu'importe si la contestation est une réaction à sa propre action. Qu'importe si Sarkozy a choisi d'économiser sur la retraite du plus grand nombre pour ne pas toucher à la fiscalité de quelques-uns. A quelques jours de l'adoption de la loi au Sénat puis à l'Assemblée, Nicolas Sarkozy veut jouer à Napoléon ou Clémenceau au risque de paraître tel Louis XVI.

Le show sécuritaire

Mercredi, Brice Hortefeux s'est rendu à Lyon, après le Conseil des ministres. Auparavant, il avait tenu un point presse, place Place Beauvau, « en tant que président de la cellule interministérielle de crise ». Ses propos furent d'une incroyable violence verbale. Le ministre de l'intérieur ne fait pas dans la demi-mesure. Le show sécuritaire doit reprendre ses droits : « Nous ne laisserons pas bloquer le pays et nous ne laisserons pas les voyous impunis. » a conclut Hortefeux.

Plutôt que d'engager le débat et discuter, enfin, de sa réforme, l'Elysée veut faire peur à la « majorité silencieuse » et caricaturer l'opposition comme une minorité incontrôlable, une curieuse alliance de jeunes racailles et de grévistes marginaux dans les raffineries et dépôts de carburant. Les scènes de violence, en marge des manifestations de mardi 19 octobre et le spectre d'une pénurie d'essence et de gasoil - qui frappe déjà plus d'un tiers des départements français - sont les deux prétextes tous trouvés pour ce glissement politique. Pourtant, à en croire tous les sondages, la contestation à la réforme, après quatre jours de pénurie croissante de carburant, reste populaire : mercredi, d'après un sondage BVA pour les Echos, 59% des Français interrogés se déclaraient toujours favorables à la poursuite du mouvement de grève même après l'adoption de la loi par le Parlement. Selon une autre enquête, 79% des sondés étaient favorables à une renégociation de la réforme.

Au Sénat, le ministre Woerth a refusé de suspendre les débats demandés par les 3 groupes socialistes, radicaux et communistes : « Nous avons été au bout du dialogue social lors de la préparation du texte, ce texte, il n'est pas tombé du ciel comme cela, tout cru, tout emballé, il est le fruit d'un dialogue avec les organisations syndicales, avec les partis politiques, avec les Français. » Cet argument est faux. Primo, le gouvernement n'a pas négocié sa réforme. Il a consulté puis annoncé son projet. Secundo, il avait posé comme préalable non négociable le triptyque 62 ans/67 ans/41 ans de cotisations.

La stratégie de la peur

Mercredi, Hortefeux devait donc jouer les durs : « l'immense majorité n'a pas à subir la loi d'une minorité. » Dénonçant les « blocages d'une vingtaine de dépôts parmi les plus importants de notre territoire », il a oublié d'une pirouette l'imprévision gouvernementale du weekend, quand les ministres et responsables UMP se succédaient dans les médias pour expliquer qu'il n'y avait aucun problème d'approvisionnement. Pire, Hortefeux a agité la menace d'une paralysie des services publics et d'urgence : « Ce blocage a gravement désorganisé la distribution des carburants dans notre pays et peut menacer désormais le fonctionnement des services publics et des services de secours et d'urgence.»

Les forces de l'ordre sont intervenues très tôt pour débloquer les dépôts de La Rochelle, du Mans et de Donge. Mais les grévistes, s'ils n'opposèrent aucune résistance, se sont déplacés sur d'autres dépôts. Des barrages filtrants et des opérations escargots se sont multipliés. Mercredi, Jean-Louis Borloo a confirmé que 3 190 stations service étaient à sec. Dénoncer la gêne occasionnée par une grève est un argument traditionnel de la droite au pouvoir. Cette fois-ci, le gouvernement pousse le bouchon un cran plus loin. A Paris, Hortefeux en rajoute :

« Ces actes sont inacceptables, mais ils sont aussi irresponsables. Irresponsables, car ils ont pour première conséquence d'empêcher nos concitoyens de circuler librement. Irresponsables, car ils empêchent des salariés d'aller travailler et de gagner leur vie. Irresponsables aussi, je vous le dis, car ces travailleurs, ce sont notamment des médecins chargés d'aller soigner en urgence, des infirmières à domicile qui doivent dispenser des soins quotidiens aux malades, des parents qui doivent aller chercher leurs enfants, des conducteurs de bus qui, dans l'impossibilité d'aller eux-mêmes au travail, pénalisent par ricochet les usagers du service public. La liste est longue et dans ces cas-là, la spirale, infernale.»

L'irresponsabilité du gouvernement est pourtant évidente : à droite, on reproche désormais à Sarkozy d'avoir fait traîner le vote de la loi alors que la marge de négociation était dès le départ très faible. Rapidement, le monarque a lâché ses quelques concessions, convenues d'avance, croyant qu'elles suffiraient à calmer la contestation. Certaines mesures proposées, comme assimiler la pénibilité au handicap physique, ont pu agir comme de véritables provocations.

Jouer les durs


Hortefeux, mercredi, a ensuite dérivé sur les violences : « Je l'affirme de manière la plus directe, la plus ferme et la plus déterminée : le droit de manifester, ce n'est pas le droit de casser, le droit d'incendier, le droit d'agresser, le droit de piller. » Il faut faire peur. Et sur ce registre, Hortefeux avait des exemples tous trouvés : « Hier encore à Lyon, 1 300 casseurs, dont la moitié de mineurs, ont semé la terreur dans le centre-ville, pillé 10 magasins, incendié 7 véhicules, en ont retourné 21, et détruit de nombreux abris-bus.» Après les statistiques roumaines sur la délinquance, Hortefeux déploie ses statistiques spéciales « jeunes » D'où sort-il ses chiffres ? Le même jour, le ministre expliquait n'avoir interpelé « que » 1400 casseurs en une semaine sur l'ensemble du territoire. Mais à Lyon, il en sûr et certains, plus de 600 d'entre eux étaient des mineurs ! « A Nanterre, deux jours de suite, une bande de délinquants n'a eu de cesse de terroriser les lycéens du lycée Joliot-Curie. »

Le ministre de l'intérieur aurait pu se poser la question des moyens de la police, ou de l'efficacité de son dispositif, sans cesse renforcé, de répression. Ainsi à Lyon, Jean-Paul Borrelly, secrétaire local du syndicat Alliance Police National, demandait à ce que les moyens « légaux » d'intervention soient élargis. La requête est dangereuse. Borrelly pense notamment au flashball - dont Hortefeux a déconseillé l'utilisation après le drame de Montreuil vendredi dernier. Mais, plus globalement, l'affaiblissement des moyens et effectifs de police depuis 2007 est un vrai sujet. La désorganisation des services de renseignements en est un autre, déjà pointé du doigt lors des émeutes dans la banlieue de Grenoble en juillet dernier. Les RG ne jouent plus leur rôle d'alerte. Mercredi, Marianne2 révélait que le numéro 2 de la DCRI, le directeur de la sous-direction de l’information générale (SDIG) avait démissionné de son poste en pleine crise sociale. Serge Guillen n'aurait pas supporté la faible place accordée aux ex-Renseignements généraux dans la nouvelle organisation des services français.
Que dire de l'efficacité du fameux décret anti-cagoules, pris au début de l'année 2009 ? Sarkozy devait enrager de voir autant de casseurs, le visage dissimulé. La Sarkofrance accumule des lois d'affichage, à défaut de moyens.

Provoquer sur le terrain

Brice Hortefeux a ensuite poursuivi sa journée sécuritaire par une visite à Lyon. Le maire Gérard Collomb, découvrant le dispositif médiatique entourant cette venue, a refusé de participer à la réunion prévue. Hortefeux souhaitait se montrer. 70 journalistes avaient été conviés à la dite réunion ! Après une petite heure de discussions avec des responsables policiers locaux, il s'est empressé de débouler, accompagné de ministres et responsables UMP, dans les rues du centre-ville pour se faire filmer et photographier auprès des commerçants victimes de saccages la veille pendant les manifestations. Cinq jeunes osèrent l'apostropher, à coups de « fasciste » et autres « T'es pas le bienvenu ici ». « La France n'appartient pas aux casseurs, aux pilleurs et aux caillasseurs. Elle appartient aux honnêtes gens qui veulent travailler paisiblement » a rétorqué le ministre.

Hortefeux, à Lyon, rappelait l'un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, à l'automne 2005, quand ce dernier était venu promettre à la Courneuve, près de Paris, qu'il nettoierait « au Karchër » la « racaille » de la cité des 4000. On connaît la suite : une flambée de violence inédite et inouïe après un fait divers dramatique quelques semaines plus tard, et... une progression des agressions contre les personnes.

A Paris, un député UMP suggérait d'expulser les casseurs étrangers. Rien sur la déchéance de nationalité ?


Jeudi, Nicolas Sarkozy devrait parler ruralité, à Bonneval, en Eure-et-Loire. Le déplacement était tenu secret, pour éviter, comme souvent, les manifestations d'hostilité. Le décalage entre l'agenda « officiel » du président français et l'actualité du pays demeure incroyable : un sommet international à Deauville (lundi et mardi), une nouvelle visite aux agriculteurs (jeudi), déplacement en Suisse pour le XIIIème sommet de la Francophonie (samedi); jamais la réforme des retraites, et ses contestations, n'est à l'ordre du jour. On aimerait que Sarkozy prenne le temps et le courage de s'expliquer publiquement, plus longtemps que quelques phrases de commentaires lâchées en fin de conférence de presse, ou par le biais de ses ministres.

http://srv07.admin.over-blog.com/index.php?module=admin&action=publicationArticles:editPublication&ref_site=1&nlc__=671287732576

Source : http://ventlibertaire29.over-blog.com/article-retraites-sarkozy-veut-nettoyer-au-karcher-les-contestataires-59399794.html




"Maintien de l'ordre en manif, le décryptage d'un commissaire

Un ex-commissaire de banlieue analyse pour Rue89 les vidéos de la mobilisation -parfois violente- contre la réforme des retraites.
Le maintien de l'ordre (MO), Jean-François Herdhuin l'a d'abord connu comme étudiant en Mai 68. Puis, comme commissaire de police, à Mantes-la-Jolie, Evry, Beauvais, Nanterre et finalement en Seine-Saint-Denis où il sera sanctionné à cause -déjà- d'une affaire de flashball dont Rue89 avait rendu compte.

En 37 ans de carrière, Jean-François Herdhuin a fait du MO sur toutes sortes de manifestations. Celles des lycéens, dit ce retraité depuis mai, sont les plus délicates à suivre, car les jeunes ne savent pas manifester… Entretien.

Rue89 : Existe-t-il une conception particulière du maintien de l'ordre pour ce type de manifestations ?

Jean-François Herdhuin : Non, on peut regretter d'ailleurs qu'il n'y ait pas de dispositif spécifique pour les jeunes, alors que dans ces manifestations, les violences sont plus nombreuses et aussi fortes que dans celles des adultes. C'est le dispositif classique : police, gendarmerie… etc. Le renseignement est assuré par le Sdig [ex-RG, ndlr].

Un des problèmes, aujourd'hui, c'est la centralisation des circuits de décision. Par exemple, je ne suis pas sûr qu'en région parisienne, la nouvelle police d'agglomération, avec la concentration des décisions dans une salle unique d'état-major à la préfecture de police de Paris, permette d'avoir une gestion sereine des événements.

Pourquoi ? Parce que dans une salle d'état-major, on est plus ou moins aveugle. Vous n'avez pas forcément le choix des forces, dans la stratégie à conduire.

C'est quoi le bon échelon ?

A Paris, le bon échelon est l'échelon local. Cela n'empêche pas le contrôle de la hiérarchie centrale. Parce que souvent, en matière de MO, une décision a une portée politique. Débloquer une raffinerie ou un lycée, ça peut être politique.

Il faut être réactif face aux jeunes ?

Oui, mais avant, il faut anticiper. Dès les premiers signes d'agitation, on sentait bien que ça allait venir la mobilisation des jeunes. Il faut avoir les contacts, par le biais de la municipalité, des établissements (collèges et lycées), avant les manifs.

Pourquoi ? Parce que les chefs établissements ne sont pas toujours enclins à dialoguer avec la police, mais ça a progressé.

L'idée, c'est de leur faire un cours d'organisation de manifestation. Leur expliquer que c'est un droit, mais avec des devoirs (déclaration préalable, itinéraire… etc).

A Paris, c'est souvent possible, en banlieue il n'y a pas forcément d'interlocuteurs. Pour cela, je suis favorable au retour d'une police de quartiers. Il ne s'agit pas de se poser comme censeur, mais de leur expliquer ce que sont les libertés publiques. En clair, la police organise la manifestation, puisque de toute façon elle aura lieu. Je l'ai fait à Drancy.

Les jeunes découvrent la vie dans la rue… à l'âge où on veut en découdre. Il faut donc les canaliser, les organiser et les prévenir des risques encourus en cas de dérapages. C'est dans leur intérêt, pour éviter qu'ils ne discréditent eux-mêmes leur mouvement. Moi je leur disais :

« Si vous prenez la tête d'une manif, sans l'organiser, vous prenez des responsabilités, y compris si ça dérape. »
Quelle organisation cela suppose-t-il ?

Il faut des encadrants parmi les lycéens. Là où ça s'est fait, il y a moins de débordements. Les encadrants peuvent être des enseignants avec des brassards. Dans la rue, quand la manif est encadrée comme avec la CGT, cela n'incite pas à la violence. Quand c'est désorganisé, cela incite à la violence.

A Paris, les débordements sont moins faciles, parce que ce n'est pas le territoire des délinquants. Les grands boulevards d'Haussmann sont d'ailleurs faits pour que les policiers puissent charger à l'aise.

Dans les cités, c'est différent. En banlieue, il faut improviser, être très rapide. Quand vous faites une charge à Paris, vous savez où les gens vont partir, donc vous pouvez anticiper le mouvement. En banlieue, vous ne savez plus où sont passés vos manifestants après une charge…
14 octobre : tir de flashball à Montreuil

Jean-François Herdhuin : Avant le tir de flashball, les jeunes rigolent, ils blaguent. C'est exactement ça une manif de jeunes : la franche rigolade.

Y-a-t-il un sens politique ? Je n'en sais rien. On ne voit pas très bien ce que font les policiers à ce moment-là. S'ils chargent avec des lacrymos et des flashballs, c'est qu'il y a une charge offensive pour dégager l'entrée du lycée… sauf s'il y a eu une provocation de la part des jeunes. Apparemment, ils tirent de loin au flashball. (Voir la vidéo)Personnellement, je suis contre leur utilisation dans des manifs de jeunes, mais le flashball fait partie de l'arsenal des policiers en MO. Si on ne leur dit pas de le laisser dans les voitures, ils l'emportent. Si la situation dégénère, avec des tirs de fusil de chasse comme c'est arrivé parfois, il est temps de sortir le matériel adéquat.

17 octobre : des « casseurs » dans Paris

Jean-François Herdhuin : Il faut distinguer manifestations et violences urbaines. Quand il y a des énergumènes comme cela, c'est difficile de les isoler dans la foule. Il s'agit d'éviter les bousculades ou les incidents.

On attend que les honnêtes gens soient partis pour s'occuper des autres dans les queues de manif. Ceux-là sont équipés de casques, de barres… etc. Souvent, ce sont les mêmes militants « anarchistes » que l'on retrouve un peu partout.

Pour moi, l'homme à la matraque, on dirait un policier. Mais je ne suis pas sûr à 100%, car son comportement est anormal, il s'isole dans la foule. Normalement, il devrait avoir un brassard… Parfois, pour ne pas se faire lyncher, les policiers en civil ne le mettent pas. C'est toujours dangereux de pouvoir confondre policiers et manifestants. Le brassard sert à les différencier. Des actions isolées comme celle-là, c'est interdit. (Voir la vidéo)
Si vous suggérez que la police laisse commettre des violences, je suis sûr que ce n'est pas possible. Le chef du dispositif est informé. Il y a des syndicats dans la police qui désapprouverait ce genre de choses.

Les provocations datent des années 60, avec des groupes parallèles type SAC [service d'action civique], mais aujourd'hui ça ferait scandale en interne… La manip dans une manif, c'est dangereux pour tout le monde : pour les politiques et pour les manifestants. A part l'extrême droite et l'extrême gauche, je ne vois pas qui a intérêt à faire ce genre de choses.

Si on est sûr de discréditer les manifestants par une non-intervention alors que les gens cassent, ça peut être politiquement très réussi. Mais cela peut aussi se retourner contre les politiques avec un drame, la mort d'un jeune par exemple.

Moi, je faisais repérer les plus durs par les BAC [brigade anticriminalité]. On les filochait dans le cortège et au moment propice à la fin, on les interpellait.
19 octobre : scènes de pillage à Lyon

Jean-François Herdhuin : A Rouen, dans la vieille ville avec des petites rues difficiles à quadriller, je faisais progresser en parallèle des sections d'intervention. Pas les CRS, c'est trop lourd, mais une section d'intervention de douze à quinze gars casqués comme on les voit sur ces images. La BAC jouant le rôle d'observation et d'interpellation.

A Lyon, il y a les moyens. Vous avez des forces mobiles pour le noyau dur, la BAC pour l'observation et les sections d'intervention locales pour agir avec une bonne connaissance du terrain. En maintien de l'ordre, il n'y a pas de recette miracle. Il faut s'adapter en permanence aux gens et à l'environnement.

Pour moi, il faut différencier le délinquant, celui qui vient avec l'intention d'en découdre, pour se venger d'une garde à vue, par méchanceté… On le voit sur les images. C'est parfois très violent. (Voir la vidéo) Par le passé, il y a eu des viols par attouchement dans des queues de manif : vingt à trente types qui déshabillent une fille et se jettent sur elle. Il n'y a pas de plainte sur ce genre d'affaires.

Les casseurs, ce sont des jeunes normaux qui s'énervent en cours de manifestation. La réponse à de tels actes peut être brutale, ils doivent le savoir.

Il y a certainement du débriefing à faire dans les lycées, pour qu'ils apprennent de ces derniers jours de manifestations."

http://www.rue89.com/2010/10/21/maintie ... ire-172474

Source : http://forum.resistances-caen.org/viewtopic.php?f=16&p=10818
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